Les 7 divinités du bonheur au Japon : Qui sont réellement les Shichifukujin ? 🗾
Au Japon, on retrouve sept divinités du bonheur : Daikokuten, Ebisu, Bishamonten, Benzaiten, Hotei, Jurōjin, Fukurokuju. Découvrez leurs origines et surtout leurs fusions avec d’autres divinités asiatiques et religieuses. Vous pourrez alors tout connaître de ces divinités !
Qui sont les 7 divinités du bonheur au Japon ? 🎎
Le terme japonais Shichifukujin désigne les 7 divinités du bonheur au Japon. Shichi représente le 7, Fuku la bonne fortune et la chance, et Jin la divinité. Ce groupe est un mélange de divinités d’origine indiennes, chinoises et japonaises.
Elles apparaissent à l’époque Muromachi (1333 à 1573). Mais elles forment définitivement le groupe à l’ère Edo (1603 à 1868). On dit aussi qu’elles tirent leur origine du groupe des Huits Immortels, issus du taoïsme chinois et de la religion populaire chinoise.
Daikokuten le dieu de la fortune et de la richesse (大黒天) 🪙
Daikokuten est la plus populaire des 7 divinités du bonheur au Japon. Les kanjis qui composent son nom signifient littéralement « Grand », « Noir » et « Céleste ». On l’appelle également familièrement Daikoku. Il est devenu le dieu de la richesse et de la fortune grâce au commerce et à l’agriculture qu’il représentait.
(Image de 彩雨 / 摩天楼オペラ)
On peut reconnaître le dieu japonais Daikokuten grâce à ces éléments :
- On le voit assis ou debout sur un ballot de riz,
- Les souris blanches sont ses messagères (présentes quand il y a de la nourriture),
- Il porte un grand sac sur l’épaule qui fonctionne de la même manière que celui d’Hotei,
- Il utilise un marteau (Uchide no Kozuchi) permettant de faire apparaître ce que l’on veut.
Comme la majorité des dieux japonais du bonheur, Daikokuten n’est pas purement japonais. Il tire son origine de l’hindouisme, plus particulièrement de la divinité Mahakala, un dieu féroce. On raconte qu’il est la personnification, et qu’il n’a donc aucune pitié envers les êtres vivants et l’univers.
D’après la légende, Mahakala a été fusionné avec Kubera quand il est devenu une divinité hindoue. Kubera est la version bienfaisante de Bishamonten, un autre dieu japonais du bonheur. Dans les cuisines était placée une statue de Kubera qui devenait noire à cause de l’huile versée dessus. D’où le nom de « Grand noir », en japonais, « Daikokuten ».
Ebisu dieu des ouvriers et des pêcheurs (恵比寿) 🎣
Le seul dieu totalement japonais, Ebisu représente les ouvriers, pêcheurs et le commerce. Les kanjis de son nom signifient « Bénédiction », « Proportion » et « Longévité ». Daikokuten et lui sont souvent représentés ensemble : les divinités et la nourriture maritime et nourriture terrestre. D’ailleurs, les oreilles de ces deux divinités japonaises du bonheur sont appelées Fukumimi (Fuku : chance, Mimi : oreille). Il s’agit de très longs lobes arrondis.
On connaît deux légendes qui racontent la « naissance » du dieu Ebisu. La première est celle de Hiruko, le premier enfant raté des dieux Izanagi et Izanami. On dit qu’il amasse les richesses après avoir vogué sur l’eau. La seconde est celle de Kotoshironushi, l’un des fils d’Okuninushi. Son père vient à sa rencontre pendant qu’il pêchait pour lui annoncer que la déesse du soleil Amaterasu souhaite son royaume pour Ninigi. Il accepte sans problème.
D’ailleurs, dès le Moyen-Âge, Ebisu représentait une figure importante pour les commerçants. Les Ebisu-Kō désignaient des rassemblements privés pour discuter de commerce et en profiter pour vénérer Ebisu. Puis, à l’ère Edo (1603 – 1868) les commerçants organisent des ventes avec réductions pour demander pardon à Ebisu.
(Image de hira Sail)
À Osaka, Ebisu est la divinité japonaise la plus vénérée. Entre le 9 et le 11 janvier, le Toka Ebisu prend place. Des stands placés non loin de son sanctuaire vendent des porte-bonheur, des offrandes lui sont également faites. On appelle même Fukumusume les filles qui participent à ce festival (« les filles de la chance »). Dans la ville de Kyoto, on la fête aussi en frappant le mur du sanctuaire pour appeler Ebisu, un peu sourd.
Enfin, la marque de bière Yebisu née en 1890 lui fait référence elle aussi. Elle est produite dans le quartier d’Ebisu à Tokyo dont la bière a inspiré le nom.
Bishamonten dieu du courage et des guerriers (毘沙門天) 🪖
Dieu du courage, de la guerre et des guerriers, Bishamonten est souvent représenté en armure, arme à la main. Ses kanjis portent les sens suivants : « Aider », « Sable », « Porte » et « Céleste ». Il tire son origine de la divinité hindo-bouddhiste Vaisravana, l’un des quatre rois célestes.
Ces derniers vivent sur une montagne au centre de l’univers, le mont Meru et protègent chacun une loi bouddhique du Dharma. On les représente debout sur des démons appelés Jaki, en armure.
1. Komokuten (« Vision étendue »)
Roi de l’Ouest, il voit à travers le mal et peut discerner et punir la méchanceté. On l’associe au métal et à l’automne. Il gouverne les Naga, des créatures en forme de serpents, et les Putana, des démons provoquant des fièvres chez les enfants. Il utilise un pinceau et un sutra en tant qu’armes pour vaincre l’ignorance et les obstacles, ou parfois une lance à trois branches.
2. Zochoten (« Seigneur qui s’étend »)
Roi du Sud, il est le souverain de l’augmentation et de la croissance. On l’associe au feu et à l’été. Il gouverne les Gaki, des fantômes affamés, et les Kuhanda, des démons suceurs d’esprits. Il utilise une lance, une épée, une hallebarde ou un trident pour attaquer.
3. Jikokuten (« Gardien de la nation »)
Roi de l’Est, on l’associe à l’eau et au printemps. Il gouverne les Kendatsuba, des musiciens célestes mangeurs d’odeurs, et les Bishasha, des démons mangeurs de chair. Il utilise une épée ou une lance à trois branches.
4. Tamonten (« Seigneur qui entend tout »)
C’est le nom que prend Bishamonten dans ce groupe. Roi du Nord, il entend beaucoup de choses et connaît parfaitement les enseignements du Bouddha. En Chine, le Nord porte malheur, c’est pour cette raison que Tamonten est le plus fort des quatre. On l’associe à la terre et à l’hiver. Il gouverne les Yaksa, de puissantes divinités guerrières de la terre à double personnalité qui gardent les richesses du monde. Ainsi que les Raksasa, des créatures qui torturent les morts ayant fait de mauvaises actions et mangent leur chair. Il utilise une lance ou hallebarde dans une main pour éliminer les ennemis du bouddhisme, et une pagode ou stupa dans l’autre pour l’identifier.
Benzaiten la divinité féminine du groupe (弁財天) 💧
Présentation et origine
L’une des divinités les plus complexes en raison de ses origines syncrétistes, hindouistes, bouddhistes et shinto. On raccourcit parfois son nom par « Benten ». Ses kanjis indiquent « l’éloquence », « la richesse » et « céleste ». Elle est la seule divinité du bonheur à être féminine.
Déesse de la poésie, de la musique, des lettres et des arts, de l’eau et de la rivière. Tout comme Daikokuten, elle provient du panthéon hindo-bouddhiste, d’où son nom en “Ten”. La déesse hindoue Sarasvati représente la connaissance grâce à son lien avec l’eau, ainsi que l’apprentissage et les arts.
Les premiers bouddhistes font d’elle la déesse des arts et de la guerre. Sarasvati se retrouve ensuite fusionnée avec Durga, déesse hindoue guerrière. Ce qui donne lieu à Biancaitian chez les bouddhistes chinois, déesse du Dharma. Une fois arrivée au Japon, elle devient Benzaiten à huit bras, tueuse de démons. Cette version plaît aux grandes familles de samouraïs dont Minamoto Yoritomo, premier shogun du Japon.
Les autres fusions divines
L’école bouddhiste Tendai tente ensuite de la mélanger avec Ugajin au Xè siècle. Un kami obscur, serpent blanc à la tête de vieil homme. Divinité du riz, de l’agriculture et des denrées alimentaires, et donc, de la richesse. Le seul lien ici est le serpent car Sarasvati était autrefois attachée aux Naga, des créatures semblables à des serpents. En Chine, les dragons et serpents ont remplacé ces Naga. Le Benzaiten à huit bras fusionnée avec Ugajin peut être reconnue car elle porte ce dernier sur la tête. Ugajin fait d’elle une déesse de la bonne fortune, non plus de la guerre. Les armes qu’elle tenait ont été transformées en trésors.
Mais ce n’est pas tout, Benzaiten a également fusionné avec Dakiniten. Elle tient une épée dans sa main droite (sagesse) et un hoju dans sa main gauche (suppression de l’ignorance). Cette représentation s’appelle Daibenzaiten. Pour les différencier, Dakiniten est accompagné d’un renard blanc.
Durant l’ère Edo, Benzaiten devient de plus en plus populaire auprès des geisha, oiran, artistes, acteurs de kabuki et même des prostituées. Avec la déesse japonaise Inari, elle est la patronne de ces dernières. C’est également pendant cette ère qu’elle entre dans le groupe des 7 divinités du bonheur du Japon.
Dieu Hotei le (faux) Bouddha rieur (布袋) 😆
Hotei est la divinité la plus connue des 7 dieux japonais du bonheur, même en dehors de l’Asie. Il porte l’image d’un Bouddha rieur ou d’un gros Bouddha. Pourtant, il ne s’agit pas du tout de cela. En réalité, « Budai » est son nom chinois, et les Occidentaux n’y connaissaient rien à l’époque, d’où la confusion.
(Image de Alexey Demidov)
Ses kanjis désignent « le tissu » et « le sac ». Dieu de la satisfaction, gardien des enfants, des barmen, du contentement et de la jovialité. Il représente l’amour pour la nourriture et la boisson.
Le dieu Hotei s’inspire d’un moine chinois, Qici, très jovial. Cette attitude contraste avec le comportement habituel d’un moine. À l’époque, il était interdit de manger du poisson et de la viande, et pourtant, Qici en mendiait.
La légende raconte qu’il porte un sac qui ne se vide jamais grâce auquel il nourrit les pauvres et les enfants. On dit aussi qu’il pouvait prédire la météo. S’il dormait dehors, c’est qu’il allait faire beau, et s’il rentrait, qu’il allait pleuvoir.
Juste avant sa mort, Qici annonce qu’il représente l’incarnation de Maitreya (Miroku au Japon), moine bouddhiste ayant atteint l’éveil, devenu donc Bouddha. On lui donne même le nom de Bouddha du futur car c’est le dernier à avoir régné sur le monde, bien après le Bouddha historique (Siddhartha Gautama). En plus d’être devenu Maitreya, Qici est aussi devenu Budai, ce qui a contribué à la diffusion d’un Bouddha du futur en Chine. À la fin de l’époque Muromachi (1333 à 1573), Budai devient Hotei au Japon dû à la prononciation de ses kanjis et intègre le groupe.
Jurōjin dieu de la santé et de la longue vie (寿老人) 🍶
Il s’agit de la divinité la plus obscure du groupe, on raconte qu’il habite le même corps que le dieu Fukurokuju. Jurojin signifie « Longévité », « Senior » et « Personne ». Dieu de la longue vie et de la bonne santé, il tire son origine du taoïsme. On l’associe à l’étoile Nankyokusei, réputée pour apporter longue vie à ceux qui peuvent l’apercevoir.
Il serait amateur d’alcool, d’où la gourde de saké qu’il porte. On le voit aussi tenir une pêche, symbole de longévité en Chine. Mais on le reconnaît surtout à son bâton au Japon, qui contient un rouleau. Il y serait inscrit la durée de vie de tous les êtres vivants. Il est également accompagné d’un cerf, lui aussi associé à la longue vie en Chine ainsi qu’au bonheur. Les chinois le peignent en noir, ce qui signifie que le cerf a vécu plus de 2 000 ans. Alors qu’au Japon on le peint en blanc, symbole de pureté et couleur des messagers divins.
Kichijōten le 8è dieu japonais du bonheur (吉祥天) 💅
Comme indiqué, la déesse Kichijōten est la huitième, alors qu’il n’y a que 7 divinités normalement. Signifiant « Joie des Cieux favorables », elle est la fille de Laksmi, une déesse hindoue de la beauté, fertilité, prospérité et du mérite.
Elle était vénérée en tant que déesse bouddhiste à l’ère Nara (710 à 784), elle faisait l’objet d’un culte dans certaines écoles bouddhistes. La légende raconte qu’elle devient l’épouse de Bishamonten et la meilleure amie de Benzaiten. Finalement, elle disparaît du groupe pour laisser place à Fukurokuju.
Fukurokuju dieu de la richesse et de la longévité (福禄寿)
Le dernier dieu, Fukurokuju, représente la richesse, la longévité et la filiation. Ses kanjis signifient littéralement « Bonne fortune », « Salaire » et « Longévité ». Il est reconnaissable grâce à son grand crâne.
Il s’inspire de la divinité Shou Xing, appartenant au groupe des Sanxing, les trois étoiles. Elles ont été regroupées pour leur lien avec le bonheur. Parfois, on représente Shou Xing seul, qu’on reconnaît grâce à son crâne, à la pêche qu’il tient dans la main. Mais aussi au bâton duquel pend une gourde d’alcool, tout comme Jurōjin !
Au Japon, on associe le dieu Fukurokuju à la grue, liée à la longévité en Chine. On peut donc l’identifier grâce à cet animal également. Cependant, il détient un pouvoir unique : celui de ressusciter les morts. Il prend donc la place de Kichijoten pour intégrer le groupe des 7 divinités du bonheur du Japon.
(Image de t.kunikuni)
Takarabune « le bâteau trésor » qui transporte les 7 dieux japonais du bonheur 💰
Chargé de trésors, il navigue pendant les trois premiers jours de la nouvelle année dans les cieux. On raconte qu’il transporte les 7 dieux du bonheur japonais, mais aussi un tas de trésors dont voici la liste :
- Baku : créature fantastique au corps de Karashishi (lion) avec une trompe, qui mange les cauchemars.
- Uchide no Kozuchi : marteau qui fait apparaître ce que l’on souhaite.
- Kagi : clé qui ouvre un entrepôt ou un grenier rempli de céréales.
(Image de Adam Cuerden)
- Kanabukuro : sac rempli de Ryo d’or qui ne se vide jamais. 1 ryo = 4 koku de riz = quantité de riz mangée par une personne en 1 an.
- Akai sango : corail rouge identifié comme une pierre précieuse.
- Tawara : balles de paille qui peuvent transporter et stocker le riz et les céréales.
- Orimono : rouleaux de brocart.
- Makimono : rouleaux de sutras sacrés et parchemins de sagesse et de longévité.
- Nunobukuro : sac de toile distribuant des trésors, de la nourriture et des boissons à l’infini.
- Tai : daurade rouge, symbolisant la bonne fortune.
Les 7 dieux du bonheur dans Valkyrie Apocalypse 🗡️
Dans le manga Valkyrie Apocalypse, les dieux de différentes origines affrontent des humains remarquables, célèbres. Dans la première partie, on peut par exemple voir Adam (d’Adam et Eve) ou encore Jack l’éventreur. Du côté divin, on retrouve Zeus, Poséidon, ou encore Loki.
Les sept divinités du bonheur dans cette œuvre se chargent de punir les ennemis des dieux. À un moment donné, ils fusionnent tous les sept pour ne former qu’un : il s’agirait de sa forme originelle. D’ailleurs, le personnage Zerofuku est spécifique à ce manga. Il serait à l’origine des sept dieux du bonheur quand il divisa son âme en sept. Dans le tournoi, il affronte Bouddha, originellement du côté des dieux mais qui a décidé de changer de camp.
(Image de Deathbattlewatcher5)
En résumé 🚩
Les 7 dieux du bonheur du Japon sont tous différents mais possèdent, pour la majorité, des origines diverses. C’est ce qui fait leur originalité et leur identité de nos jours. Malgré les variations et les fusions au cours des siècles, le Japon arbore toujours leurs statues et continue de les respecter.
Foire Aux Questions (FAQ) 📬
Les 7 divinités du bonheur au Japon sont : Daikokuten, Ebisu, Bishamonten, Benzaiten, Hotei, Jurōjin, Fukurokuju
Il n'y a pas de divinité japonaise de la chance unique. Les sept dieux du bonheur en font partie par exemple.
Il n'y a pas non plus de symoble de la chance unique. Toutefois, on y retrouve le Maneki Neko, le Daruma ou encore les Shichifukujin.
JORANNE, 2023. Petites histoires de divinités japonaises Edition Sully. Pages 100 à 157.
VALKYRIE APOCALYPSE FANDOM. Sept Dieux du Bonheur [en ligne]. Disponible sur : https://valkyrie-apocalypse.fandom.com/fr/wiki/Sept_Dieux_du_Bonheur
Image de couverture générée par IA




